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Publié par Antoine BANCAREL

CALDER    "Le Flamingo"   Chicago (U.S.A.)

CALDER "Le Flamingo" Chicago (U.S.A.)

La ville la plus meurtrière des États-Unis est prise au cœur du débat sur les armes à feu outre-Atlantique. Une situation que les stars du club NBA ne peuvent plus feindre d’ignorer.

New York (États-Unis), correspondance. «Il y a trop de gamins qui meurent en ce moment. Et quand tu vois ton meilleur pote se faire tirer dessus ou quelqu’un de ta famille se faire tuer, c’est sûr qu’il y a des traumatismes ! » Joakim Noah sort, pour une fois, de la langue de bois convenue dans l’univers NBA sur un sujet hors terrain. Difficile en effet d’ignorer la violence qui sévit à Chicago, ville qui a recensé le plus de décès par arme à feu en 2012, avec pas moins de 506 tués. Majoritairement, les victimes sont des jeunes de moins de vingt-cinq ans, issus des quartiers pauvres, notamment le fameux South Side. Or, leurs héros jouent à quelques rues plus loin à peine, dans l’antre des Bulls, l’United Center. Noah, le pivot des « taureaux » et de l’équipe de France, essaie donc, même s’il admet ne pas forcément pouvoir faire beaucoup plus, d’aller au moins à leur rencontre. Historiquement, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, Horace Grant, coéquipier de Michael Jordan, préconisait déjà, dans les années 1990, ces rencontres, et critiquait la mégastar pour son manque d’investissement. Il fut l’un des premiers à se rendre sur place, avant que les opérations caritatives et sociales ne deviennent monnaie courante, ainsi qu’un outil de communication pour le championnat nord-américain. Vingt ans plus tard, Jabari Parker, grand espoir du basket américain qui finit ses années de lycées à Chicago et pourrait bientôt rejoindre la NBA, valide le diagnostic de son aîné : « Il faut changer l’image négative de Chicago et du South Side, je suis fier d’être un jeune garçon noir de là-bas qui va aller à l’université. » Intéressé par ce qui se passe dans les banlieues hexagonales, il préconise, du haut de ses dix-huit ans, de renforcer le système scolaire, et incite les stars des Bulls à jouer un rôle social, visant plus particulièrement le jeune Noah ou Derrick Rose. Car ce dernier, meneur de jeu des Bulls, vient lui aussi du South Side et ne manque pas de le rappeler : « Avant moi, il y avait un immense talent du basket dans mon quartier qui n’a pas pu aller en NBA car il a été abattu. » La référence date des années 1980 et concerne Benjamin Wilson, sujet central du documentaire Benji, diffusé sur la chaîne sportive ESPN. Néanmoins, tout semble rester pour l’instant au stade des bonnes intentions. Joakim Noah estime ainsi que l’enjeu « est de faire quelque chose à (ma) façon, pas à celle des politiciens », tandis que Jabari Parker et Derrick Rose restent finalement très mesurés sur la portée de l’action politique. Dommage, car l’enjeu est de taille pour l’administration Obama. La question de la violence et des armes à feu aux États-Unis est, en effet, plus que jamais un sujet primordial de son deuxième mandat. Que « sa » ville – qui est d’ailleurs aussi celle de son ministre de l’Éducation et dont le maire n’est autre que Rahm Emanuel, son ancien chef de cabinet – soit une mauvaise élève sur la question passe donc difficilement. À Barack, le fan de basket, de prendre peut-être les mégastars des Bulls au (re)bond…