Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Gérard BRICHE

A l’heure où se multiplient les ouvrages sur la crise qui frappe l’ensemble du monde, un livre fait exception par l’ampleur de sa vision, la clarté de ses démonstrations et la pertinence de ses réponses. C’est malheureusement un ouvrage publié en Allemagne, et qui n’est accessible qu’aux germanophones. Espérons qu’un éditeur avisé prendra l’initiative d’en procurer prochainement une traduction française.

Intitulé La grande dévaluation, il est rédigé par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, deux des auteurs du Manifeste contre le travail qui, publié en France par Michel Surya en 2002, a fait connaître les thèses du courant dit de la « critique de la valeur ». Michel Surya vient par ailleurs de publier un recueil d’articles de Robert Kurz, l’inspirateur de ce courant, sous le titre Vies et mort du capitalisme (éditions Lignes, 2011).

La crise n’est pas le résultat des spéculations ou de la dette des Etats. La cause fondamentale de la crise n’est pas à rechercher à l’extérieur de la logique même d’un système économique qui ne fonctionne que par à-coups et sans la moindre rationalité sauf celle d’une rentabilité maximale et à plus court terme possible des capitaux engagés. Ce qui a comme conséquence une incapacité à faire la différence entre la richesse réelle utile aux hommes et la richesse capitalisable, celle qui est, en particulier, visible sous la forme de l’argent.

La conclusion apparemment paradoxale est que les sociétés ne vivent pas au-dessus de leurs moyens comme on l’entend souvent. Au contraire, elles sont trop riches pour un capitalisme qui ne peut prendre en considération que la richesse « abstraite », celle qui circule dans les banques et qui fait courir les spéculateurs, au mépris des besoins de populations.

Le drame est que cette logique folle n’a d’autre issue que l’effondrement d’un système de toute façon incapable de satisfaire les besoins des gens. Et que cet effondrement dont les signes avant-coureurs sont visibles dans les pays les plus fragiles ne laisse aux peuples d’autre alternative que la barbarie ou la prise en main de leur destin.

Par Gérard BRICHE

La grande dévaluation
La grande dévaluation
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article